"Ceci est l'héritage que les vétérans ramènent de la guerre : un mélange de peur, de confusion, de rage et de frustration menant à la recherche désespérée d'un ennemi." Dr Robert Lifton, psychiatre de la Royale Air ForceShaun Costello est un cas unique dans l'histoire du cinéma trash. Acteur, producteur, scénariste, monteur, décorateur, et bien sûr, réalisateur, spécialisé dans le cinéma porno et érotique, connu sous de nombreux pseudonymes, Costello est un pur produit de l'exploitation pure et dure, telle que la pratiquaient assidûment les chantres du cinéma bis ricain.
Si l'on continue de lui attribuer certaines oeuvres phares du porno, tel le dérangeant "Water Power", crédité au spécialiste Gerard Damiano, son film le plus célèbre - son premier long métrage - reste néanmoins le nauséabond "Forced Entry", réalisé en 1973.
Interprété, ou plutôt vécu, par le complètement taré Harry Reems (harder vu dans "Gorge Profonde" ou "le Diable et Miss Jones"), un vétéran du Vietnam revient à New York après avoir été témoin des pires atrocités. Hanté par des images de la guerre, perdu dans un enfer urbain qu'il ne reconnaît plus, l'ex-soldat finit par péter les plombs et entreprend de s'acharner comme un sauvage sur une poignée de gonzesses croisées au hasard de ses pérégrinations nocturnes.

Grand frère dégénéré de "Taxi Driver", le shocker de Costello (ici planqué sous le pseudonyme d'Helmuth Richler) semble de prime abord creusé le même sillon désespéré que le chef-d'oeuvre de Scorsese, abordant avec virulence le problème posé par le retour au pays de jeunes hommes transformés en machines de guerre. Mais là où son illustre "jumeaux" s'abandonne au questionnement métaphysique et existentialiste, "Forced Entry" préfère fouiller les bassesses de l'âme humaine, s'enfonçant au plus profond de la crasse newyorkaise pour mieux retourner l'estomac de ses spectateurs.

Terrifiant et malsain. Voilà ce qu'est "Forced Entry". Entre deux stock-shots de l'armée (soldats au combat, débarquements...), censés figurer les souvenirs douloureux de son "héros", Costello filme dans un 16mm d'une dégueulasserie sans nom, les nombreux crimes commis par le taré en plein délire acidulé, s'introduisant chez ses victimes pour les menacer de son flingue ou d'un couteau, avant de les violer sauvagement et de les assassiner - tout aussi sauvagement d'ailleurs !

Et c'est précisément là que le film sombre dans le glauque et l'abject. Filmées crûment et avec un réalisme crapoteux, les nombreuses scènes de sexe du film dérangent au plus haut point. Rythmées par le shlock-shlock des pénétrations, parfois à la limite du snuff, tant certaines scènes ne semblent pas être "jouées" (pauvres actrices jouant les copines hippies, telles deux morceaux de chairs brutalisés par un cinéaste et un acteur cinglés), ces séquences de pornographies ultra-hardcore constituent le tour de force de ce film, descente aux enfers mentale et physique d'une redoutable efficacité.
Trash jusqu'à la nausée, brute comme une oeuvre accouchée (!) au forceps, porno trash et vetsploitation radicale, "Forced Entry" distile toujours son parfum de souffre et de stupre, même trente-six ans après sa confection. Attention, ça fait mal !!!!
Le trailer trash
le film est disponible en DVD Zone 1 chez After Hours Cinema...

hey mais c'est qu'il est cool ce blog ! sinon, petite info dont tu as peut-être déjà eu vent : cinérotica arrête sa publication... argl.
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